Ce fut une légende. Un rêve. Presqu’une obsession. Curieuse, j’étais attirée par le mystère qui les entoure. Geisha. Artistes d’un temps révolu, les ombres d’un monde d’hommes. Cette délicatesse, dans ce monde qui n’appartenait qu’aux brutes. A mi-chemin entre la libération et la soumission, je ne peux m’empêcher d’avoir un certain respect envers ces femmes, qui, dans un nombre de plus en plus limité, continuent la tradition.

Au Japon, vous pouvez voir mille filles porter le kimono. Voir une geisha est un peu plus compliqué: malgré son masque d’artifices, un visage excessivement blanc et ses fleurs multicolores qui ornent sa coiffure tirée à l’extrême, elle fuit le regard des gens. Par petit pas furtifs, sur leur sandales de bois, elles avancent, tels des animaux traqués, sans jamais relever la tête. “Non, touriste, tu ne prendras pas une photo de moi”, semble-t-elle dire, “ma présence simple vaut de l’or, tu n’es pas digne de mes faveurs”.




